La Via Ardèche est une piste cyclable aménagée sur le tracé de deux anciennes lignes ferroviaires situées dans le sud du Vivarais, incluant notamment l’ancienne ligne reliant Le Teil à Alès. Ce projet ambitieux a été réparti en plusieurs étapes de travaux pour permettre l’ouverture graduelle des sections de la voie verte. Chaque portion de la voie est équipée d’ouvrages en pierres de taille, comme des viaducs, des tunnels et des murs de soutènement.
Au fil du temps, la végétation (comme les lierres, arbustes et herbes) a progressivement envahi ces infrastructures. Afin de vérifier l’état de conservation de ces constructions, notamment les joints, un nettoyage approfondi s’avère indispensable.
OBJECTIF DU CHANTIER
L’objectif principal de ce chantier est de réaliser le nettoyage des piles et des arches de quatre viaducs, afin d’en garantir une conservation optimale et de contrôler l’état des joints. En raison des contraintes liées aux éléments structurels, ces travaux doivent être exécutés dans le respect des normes strictes de sécurité, notamment celles concernant le travail en hauteur sur corde.
Pour optimiser l’organisation de ce chantier, une visite des sites a été réalisée afin d’évaluer le volume de travail sur chaque viaduc, définir les accès (par le haut et par le bas) et déterminer les équipements nécessaires. L’évaluation de chaque viaduc a pris en compte l’intensité de la végétation, les plus petits étant fortement envahis par le lierre, tandis que le plus grand présentait une végétation moins dense.
Durée du Chantier
Le chantier a été planifié sur une période de 6 jours, répartis comme suit :
- 1 jour pour la visite préalable du chantier,
- 1 jour pour la préparation du matériel spécifique,
- 4 jours pour le nettoyage des 4 viaducs (1 viaduc par jour).
L’équipe de Zabeil Élagage, dirigée par Olivier Laganier, a pris en charge la gestion du chantier. Enrique était responsable du délierrage au pied des viaducs, tandis que les élagueurs Léo et Loucas ont effectué les interventions sur corde. Ils ont été soutenus par Sébastien Béni, gérant de Hévéa, qui a organisé les travaux en hauteur, ainsi que par Philippe Pipard, responsable de La Boutique du Cordiste chez Hévéa, en charge de la logistique du matériel et de la formation de l’équipe. Bastien Caillieu d’Acces Cime a apporté son expertise pour le travail en hauteur, tandis que Laurent Pierron, gérant de FTC TREE, et Nicolas Ansourian, photographe professionnel, ont documenté le chantier.
SPÉCIFITÉ DES VIADUCS
Les quatre viaducs impliqués dans ce chantier font partie de la ligne ferroviaire ROBIAC/LE TEIL, ouverte en 1870 et fermée en 1969. Ces viaducs revêtent une grande importance historique et constituent un patrimoine industriel majeur de la région. De 1992 à 2012, la section déclassée de la ligne, entre Saint-Jean-le-Centenier et Vogüé, a été utilisée par le train touristique de l’Ardèche méridionale, avant que l’exploitation ne soit suspendue en 2012. Trois des viaducs conservent encore leurs rails d’origine, et les quatre possèdent toujours leurs barrières métalliques d’origine.
- Viaduc de la Claduègne : 110 m de long, 11 arches, 15 m de hauteur
- Viaduc du Gazel : 80 m de long, 6 arches, 15 m de hauteur
- Viaduc de l’Argentelle : 100 m de long, 7 arches, 20 m de hauteur
- Viaduc de l’Auzon : 210 m de long, 17 arches, 35 m de hauteur
MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENTS
Pour assurer une sécurité optimale, deux éléments distincts avaient été prévus : l’ancrage sur l’édifice et l’équipement de la paroi. L’ancrage comprenait les fixations des barrières au sol ainsi que les rails. Ces derniers étaient sécurisés à l’aide d’une sangle TEXORA 100 kN ou d’un câble acier WIRE STROPE, d’un mousqueton 50 kN et d’un multiplicateur d’amarrages permettant de répartir la charge sur deux cordes. En ce qui concerne les barrières, l’ancrage au sol se faisait avec une sangle TEXORA ou WIRE STROP, ou deux sangles 22 kN fixées à la barre inférieure, avant de relier le multiplicateur d’amarrages.
Les deux cordes de travail issues du multiplicateur étaient fractionnées pour le passage de la rampe grâce à deux nœuds de huit. Chacune d’elles était équipée de sangles 22 kN et de mousquetons trilock, garantissant ainsi une sécurité redondante. Ces cordes semi-statiques de 10,5 mm permettaient un travail sécurisé le long des arches, l’une servant de corde de travail et l’autre de corde de sécurité avec un antichute mobile. Pour les travaux de délierrage, des outils spécifiques étaient utilisés : des raclettes pour éliminer les jeunes pousses en haut des lierres, des hachettes pour les découper et les détacher, des écorçoirs à manches télescopiques pour atteindre les lierres situés sous les arches et des sapies pour extraire les lierres du sol.
TECHNIQUE DE TRAVAIL UTILISÉE
Pour assurer la sécurité des travailleurs, ces derniers étaient équipés de harnais cordistes ASTRO ou VECTOR Y, d’un descendeur RIG ou SPARK installé sur le pont central, et d’un antichute mobile ASAP ou FUZZ. Pour optimiser leur confort, chaque travailleur disposait également d’une sellette. L’accès à la zone se faisait en enjambant la barrière, puis le délierrage était effectué en descendant. Une fois en bas, les travailleurs remontaient à pied. Pour accéder aux lierres sous les arches, une corde était tendue horizontalement en dessous, servant de main courante tout en maintenant les opérateurs en sécurité sur leur corde de travail.